Hommage à Yves Martin

 



Publié dans l'Alambic


D'Yves je n'ai connu
Que la grande carcasse cassée
Et la rumeur ruineuse
Qui le cernait comme un train d'ondes
Entoure la chute d'une pierre
De ces chats, de leurs noms, de leur nombre
Je n'ai connu
Que ce qu'en ont dit les amis
Les vrais, les fidèles, les présents

D'Yves je n'ai connu
Que les vers, je n'ai trinqué
Qu'avec ses poèmes et il m'en reste
O joie ! encore pas mal à découvrir.

Une fois pourtant,
Près de la mairie du XVIIIème arrondissement
Nous avons bu ensemble
Deux demis qui faisaient un entier
Et une moustache d'écume
Sur nos lèvres de vent

Mais depuis que j'ai jeté
Un peu de terre
Sur son cercueil
Je porte
Comme un vêtement transparent
Une subtile parure d'amour
Imprégnée de chèvrefeuille
Le goût du rire et du vin
Un douce tristesse enroulée
Dans les boucles de mes cheveux
Et j'ai toujours au bord des lèvres
Un baiser prêt à se poser
Comme un oiseau à son balcon.

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